Quel est le rôle principal du directeur au sein de l’Ehpad la Villa de Rimiez ?

Une directrice d’établissement doit avoir un regard fédérateur et bienveillant sur ses équipes, tout en pilotant la gestion logistique, administrative et financière de la structure. Au-delà d’être garante de la construction et de la réalisation d’un projet d’établissement, celle-ci accompagne ses collaborateurs afin que la résidence soit en mesure de fonctionner sans la présence de la direction.

Katia nous explique ce que la casquette de directeur signifie réellement :

Son poste consiste à piloter, impulser et fédérer une dynamique managériale en lien avec le projet d’entreprise et d’établissement LNA Santé. La directrice veille à ce que les relations entretenues soient professionnelles. Le modèle LNA Santé est représenté par les actions mises en valeur au sein de la résidence, avec par exemple le déploiement de la méthode Montessori et la prise en charge non-médicamenteuse. Nous pouvons aussi inclure les projets en lien avec des appels à projets comme la mise en place d’un PASA (Pôle d’Activité de Soins Adapté) de nuit, et le déploiement en septembre 2022 d’un PASA de jour.

être présente sans avoir le sentiment d’être indispensable

  • La mission d’un poste de directeur est de réussir à accompagner ses équipes dans les missions leur étant confiés afin de pouvoir déléguer. Pour cela, la directrice coordonne ses équipes en leur donnant des responsabilités et en les faisant prendre conscience de leur ampleur. Chaque professionnel, chaque chef de service se voit confier des missions qui intègrent un éventail de responsabilités, que ce soit la gestion d’un budget, le management des équipes, le recrutement…

Grâce à un soutien et un suivi hebdomadaire de la direction en lien avec le comité de direction, les responsables de pôle (hôtellerie et restauration, santé) sont autonomes dans la gestion intégrale de leurs missions internes et externes.

Mon métier avant tout est de déléguer un management de proximité. Si chaque professionnel est dans son rôle, l’établissement est censé fonctionner avec ou sans la directrice. Ma force première est d’avoir créé une équipe d’encadrement professionnelle et autonome. »

  • Afin de déléguer à ses chefs de service le recrutement, Katia le Doare a beaucoup travaillé sur la conduite d’un entretien et des points-clés d’un recrutement LNA Santé. Désormais, ceux-ci sont en totale autonomie à ce sujet, la directrice donne simplement son avis concernant les candidats pour des emplois en CDI, en laissant le choix final au responsable de pôle.

« Je trouve cela cohérent étant donné que c’est lui qui va travailler avec les nouvelles recrues et non moi. Je n’ai pas à choisir à sa place, je suis là pour guider et donner un avis mais la responsabilité de la décision lui appartient. »

Piloter en équipe

  • Pour terminer, la directrice souhaite que toutes les décisions stratégiques de l’établissement soient prises collectivement. Elle est accompagnée constamment du Comité de Direction, comprenant l’assistante de direction, le responsable des soins et le responsable hôtelier et le médecin coordonnateur. Le but est de fédérer les équipes sur les objectifs du prendre soin individualisés de chaque résident, mais aussi l’accomplissement de nombreux projets permettant une ouverture sur l’extérieur, dont l’ancrage territorial.
  • La communication ou les échanges avec les familles fait également partie intégrante des missions de la direction. Celle-ci veille à entretenir une communication régulière avec elles, écoute et prend note de leurs demandes et surtout veille à leur apporter des réponses.

Quel parcours pour parvenir au poste de direction à la Villa de Rimiez ?

Katia le Doare travaille au service de LNA Santé depuis désormais 25 ans. Surnommée « le bébé LNA », elle a parcouru les Ehpad de France avant d’exercer à la Villa de Rimiez.

Premiers pas chez LNA

Katia commence sa carrière en tant qu’agent des services hôteliers au Parc de la Plesse en 1994. L’Ehpad est ensuite racheté par LNA Santé en 1997.

En 2000, le groupe propose à Katia d’effectuer une formation d’aide-soignante, ce qu’elle fit. Suite à cette formation, elle change de poste pour devenir maîtresse de maison soignante sur une unité protégée du Parc de la Plesse.

Rapidement, elle devient formatrice de maîtresse de maison durant 8 ans au sein des différents établissements du groupe LNA Santé. L’objectif de cette mission est de mettre en place le projet LNA Santé dans les différentes missions de la maîtresse de maison, une fonction unique à l’échelle du groupe. En effet, elle a le rôle de chef d’orchestre de l’unité de vie, au niveau management, gestion de plannings et recrutement. Ce rôle pivot au sein des unités de vie est la réponse aux besoins des différents services afin de répondre aux besoins individualisés du résident accueillis.

Au cours de ce poste, Katia a l’occasion de mettre en place des projets, notamment un séjour de vacances. Grâce à son implication et à sa détermination, les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer et leur famille ont la chance de partir 7 jours dans un lieu externe à la résidence.

C’était une première pour le groupe, le projet était assez novateur avec une réelle dynamique. « 

L’année suivant ce projet, Madame Le Doare prend l’initiative d’organiser un nouveau voyage pour les résidents, inter-établissement cette fois-ci. 4 établissements nantais participent à ce projet, conçu et mis en place par la directrice en devenir.

Les débuts dans la direction

Suite à une proposition, Katia effectue en simultané un remplacement d’un poste de direction à mi-temps aux Jardins d’Henriville (anciennement Parc des Vignes).  Pour elle, cela a été une révélation, elle a réalisé que c’était le métier qu’elle souhaitait exercer.

« J’avais envie d’évolution et je trouvais ce métier stimulant et enrichissant. »

Elle obtient son premier poste de direction en 2008, il s’agit de la reprise de l’établissement Les Nymphéas. N’ayant pas en sa possession le diplôme de directeur d’établissements médico-sociaux, elle dispose d’une durée de 5 ans pour l’obtenir. Elle passe sa formation de 18 mois en alternance, entre 2010 et 2012. Suite à cela, elle a exercé durant 8 ans dans cet établissement

Ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin, Katia a été désignée ensuite pour devenir l’une des 4 directrices référentes au sein de LNA Santé, en parallèle de son poste de direction aux Nymphéas. L’objectif de cette fonction est d’accompagner un nouveau directeur sur son intégration dans le groupe, sur le projet d’entreprise et le modèle LNA Santé, et sur la stratégie interne en lien avec les objectifs définis par le directeur d’exploitation. Cela permet au nouveau directeur de disposer de tous les outils nécessaires afin de mieux appréhender son poste de direction au sein du groupe LNA Santé.

En novembre 2015, un nouveau challenge se présente à elle : intégrer la Villa de Falicon, à Nice, 8 mois après son ouverture. C’est comme cela qu’elle arrive dans le sud, avec pour objectif de restructurer l’établissement, qui présente de grosses difficultés de commercialisation, de ressources humaines et de fonctionnement.

Des projets pour la suite ?

La directrice a aujourd’hui de nombreux projets en tête. Désirant se rendre utile, elle envisage de mettre son expertise métier au service de LNA Santé. Rien ne presse, mais l’idée est en cours de réflexion.

  « J’ai besoin d’apporter quelque chose aux autres sans être indispensable pour autant. »

La période de COVID vue et vécue par une directrice :

 J’ai fait en sorte que le COVID n’entre pas dans l’établissement. »

 

Relationnel pendant la pandémie

                                                                                                                     Échanges durant la période de pandémie

Malgré une ambition utopique, ce fut pari tenu pour Katia Le Doare, étant donné que la Villa de Rimiez n’a recensé aucun cas de Covid au cours des 5 vagues de la pandémie.

« Nous avons beaucoup travaillé avec le comité de direction à ce que le virus ne nous touche pas. »

Cependant, gérer un événement inconnu de tous n’a pas été mission facile. La pression était présente, et les retours des établissements extérieurs, touchés par le COVID était plus qu’anxiogène. En interne, chacun était mobilisé, une dynamique collective s’est organisée, et contre toute attente, le climat sur l’établissement était plutôt serein.

« J’ai fait un gros travail sur moi-même afin d’être rassurante et de ne pas ajouter une pression supplémentaire aux équipes avec beaucoup de pédagogie. »

Étape formatrice pour la directrice, qui s’est découvert des ressources insoupçonnées, telle que la prise de recul, la remise en question ou encore la sérénité.

Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon directeur d’Ehpad ?

  • Tout directeur dispose d’une fibre managériale importante, afin d’accompagner ses équipes et les faire grandir dans leur mission première en leur donnant une vision et des objectifs.
  • Pour que chaque professionnel trouve sa place dans l’établissement, le directeur doit leur faire confiance en leur donnant des responsabilités et en étant proche d’eux.
  • Lors des formations de ses équipes, il veille à leur transmettre les bonnes pratiques et les clés de réussite pour que chacun soit un bon manager en tant que tel, avec ses responsabilités et prises d’initiatives.
  • Il est nécessaire d’aimer le terrain lorsque l’on exerce ce métier. En effet, un directeur est loin de passer la journée dans son bureau. Il se doit d’entretenir un lien quotidien avec les résidents, de participer à certaines de leurs sorties, d’intervenir auprès d’eux si besoin. Il faut aussi se mettre à la disposition des collaborateurs afin de libérer la parole et de ne pas hésiter à rencontrer la direction.

J’entretiens une philosophie de terrain. S’il y a besoin de faire une toilette ou de donner à manger à un résident, j’y vais en cas de situation tendue. La place du résident est primordiale pour moi, j’ai besoin d’entretenir ce contact et de m’assurer qu’il soit au centre de préoccupation de l’ensemble de mes équipes. « 

 

  • Pour terminer, il faut aimer l’imprévu, les situations conflictuelles, le changement et ne pas avoir besoin de routine. Les journées ne sont pas fixes, il faut s’attendre à tout ! Ce métier demande beaucoup de sang-froid, de réactivité, de prises de décisions claires et précises pour donner le cap pour manager. C’est ce qui est le plus passionnant dans ce métier.

« Ce que j’aime dans mon métier est le fait qu’il soit transversal au niveau des missions, que chaque journée soit différente. Il y a toujours un imprévu et c’est ça qui me fait vibrer. »