Quel est le rôle d’un neuropsychologue à l’Ehpad la Villa de Rimiez ?
La neuropsychologue a pour spécialité d’établir une explication entre les relations qu’entretiennent le cerveau et les fonctions cognitives, telles que le langage, la mémoire ou l’attention. Plusieurs activités sont mises en place en Ehpad afin de maintenir les capacités cognitives des résidents. De nombreuses autres missions sont attribuées au neuropsychologue.
Zoom sur certaines d’entre elles.
Un suivi des résidents en amont et en aval de leur admission
La neuropsychologue prend contact avec certains résidents avant même qu’ils n’entrent dans l’établissement. Elle effectue ce que l’on appelle une visite de pré-admission (VPA), qui se déroule au domicile du patient ou dans des établissements médicaux, permettant d’anticiper son entrée en Ehpad.
« Je m’y rends en général avec une maitresse de maison afin d’établir un premier contact avec la personne et récolter des informations importantes dans le but de préparer au mieux l’entrée du résident au sein de l’établissement. ».
Une fois le résident intégré dans la structure, la neuropsychologue doit réaliser une évaluation cognitive a minima tous les ans. Ce test se nomme le MMSE (Mini-Mental State Examination), il permet de réaliser un bilan général du fonctionnement cognitif de chaque résident. Ce test comprend une évaluation temporelle et spatiale, une évaluation de la mémoire et des fonctions attentionnelles, ainsi qu’un bilan de langage, de lecture et d’écriture.
Egalement, la neuropsychologue réalise des suivis individuels auprès de résidents ayant eu un AVC, traumatismes crâniens ou lésions cérébrales. L’objectif de ces suivis est de restaurer certaines fonctions cognitives qui ont été altérées par l’atteinte cérébrale.
Une prise de contact essentielle avec les familles
A la Villa de Rimiez, la neuropsychologue s’entretient avec chaque famille 1 mois après l’entrée du résident. Cet échange se déroule avec une maîtresse de maison et un membre de l’équipe médicale en fonction des besoins. L’objectif est de répondre aux interrogations des familles et de faire le point sur ‘accompagnement du résident en présentant le projet personnalisé de leur proche.
« Pour ma part, je réalise une synthèse en amont du rendez-vous avec les autres professionnels, afin d’exposer aux familles le projet thérapeutique que nous mettons en place avec le résident. ».
Trois fois par an, la neuropsychologue réalise également des temps de rencontres et de discussions à destination des familles / aidants. C’est ce que l’on appelle La Pause Faliconnaise. Elle se déroule au sein de l’établissement et permet aux familles / aidants d’échanger ou de répondre à leurs questionnements selon des thématiques définies. Pour rendre cet échange convivial, un gouter est proposé à chaque instance.
« En général, la thématique de la prochaine Pause Faliconnaise se détermine grâce aux échanges avec les familles en fonction de leurs demandes et leurs besoins ».

MORGANE RUGARI une neuropsychologue pas comme les autres à la Villa de Rimiez
Au sein de la Villa de Rimiez, chaque professionnel a pu bénéficier récemment d’une formation initiale à la méthode Montessori. Cela consiste à permettre à la personne âgée de jouer un rôle au sein de l’établissement. La neuropsychologue est référente de ce projet, en trio avec l’ergothérapeute et la psychologue, avec pour objectif d’impulser sa mise en place au quotidien.
« A l’arrivée d’un résident, nous faisons en sorte d’avoir une idée précise de toute son histoire et habitude de vie et de ce qu’il aime faire afin de lui proposer au sein de l’unité, des activités et des rôles qui lui seront attribués quotidiennement en fonction de ses envies. Il s’agit donc d’une démarche personnalisée ».
La neuropsychologue et l’ergothérapeute sont également co-référente du Pôle d’Activités et de Soins Adaptés de nuit (PASA). Cet espace est destiné à l’accueil de résidents atteints de maladies neuro-évolutives telles qu’Alzheimer. Les aides-soignantes ont en charge la gestion des troubles du sommeil et du comportement nocturne des résidents. Afin qu’elles puissent gérer au mieux les situations, les deux thérapeutes interviennent auprès d’elles deux fois par mois jusqu’à 21h00, afin de les soutenir dans l’accompagnement thérapeutique de nos résidents accueillis en unité Alzheimer.
Quel parcours et formation pour devenir neuropsychologue ?
Morgane est présente à la Villa de Rimiez depuis juillet 2023. Il s’agit de son premier emploi en institution, qu’elle exerce en parallèle de son activité libérale.
Pour pouvoir exercer, elle a tout d’abord réalisé une licence de psychologie générale, avant de se focaliser sur la neuropsychologie lors de son master. Cela lui a permis d’obtenir le diplôme de psychologue spécialisée en neuropsychologie.
Au cours de sa formation, Morgane a eu l’occasion d’effectuer de nombreux stages, dont un en Centre Mémoire auprès de personnes âgées. Son attrait pour le domaine du grand âge n’est pas nouveau, elle sait depuis toujours que c’est avec ce public qu’elle veut travailler.
« De par mes expériences professionnelles et personnelles, l’accompagnement et la prise en soin de la personne âgée a toujours fait partie de mes ambitions professionnelles. ».
Comment se différencie la neuropsychologie de la psychologie ?
La neuropsychologie est une branche de la psychologie. Le neuropsychologue va chercher à identifier des déficits d’ordre cognitifs, émotionnels ou comportementaux pouvant expliquer les difficultés rencontrées par une personne au quotidien. Par la suite, il va proposer des méthodes de remédiation ou de réhabilitation pour l’aider dans son quotidien.
Quels exercices phares sont réalisés auprès des résidents à la Villa de Rimiez ?
Différents types d’ateliers de groupe sont mis en place par la neuropsychologue au sein de la Villa de Rimiez.
- Pour les résidents en unité ouverte, qui disposent encore de la plupart de leurs capacités cognitives, des exercices sont réalisés afin de mobiliser leurs fonctions cérébrales. Ces exercices varient chaque semaine.

Durant chaque atelier, je décide de proposer des exercices faisant appel à différentes fonctions cognitives afin que l’ensemble du fonctionnement cérébral soit stimulé.
Pour conserver davantage les apprentissages, celle-ci donne à chacun des « devoirs », sous forme de livrets d’exercices à remplir chaque semaine. Cela peut être des anagrammes, des suites logiques, des exercices de mémoire, des calculs, des mots fléchés et bien d’autres.
- Les résidents des unités protégées, qui sont plus altérés au niveau cognitif, bénéficient quant à eux d’ateliers de cuisine thérapeutique. Celaleur permet de stimuler leur sens et d’apaiser leurs troubles comportementaux. La neuropsychologue met en place ces ateliers en binôme avec l’ergothérapeute.
Nous avons à notre disposition un livre de recettes adapté avec des images, ce qui permet aux résidents de maintenir leur autonomie au maximum au niveau du déroulé de la recette. Tout est mis en place pour qu’ils puissent se débrouiller principalement seuls. Nous mettons à leur disposition de nombreux ingrédients sous forme de « mini-marché » et ils doivent les choisir en fonction de la recette proposée.
Le public de cette unité étant majoritairement féminin, le fait de cuisiner leur rappelle beaucoup de souvenirs et Morgane a pu constater que certains gestes leur reviennent automatiquement. Cet exercice est donc bénéfique pour la mémoire et pour le maintien des connaissances. Afin de visualiser les évolutions de chacun au fur et à mesure des séances, une évaluation est réalisée pour chaque résident à la fin de l’activité.
Avec quels professionnels de la Villa de Rimiez le neuropsychologue travaille-t-elle ?
La neuropsychologue est en contact permanent avec plusieurs corps de métiers, notamment :
- L’ergothérapeute, avec qui elle partage des activités communes. Leurs compétences sont complémentaires, l’une se charge d’adapter les résidents dans l’environnement proposé, l’autre s’occupe de stimuler leurs capacités cognitives.
- La psychologue, où des échanges fréquents ont lieu afin de faire le point sur l’état psychologique et émotionnel des résidents.
- La maîtresse de maison, avec qui les transferts d’information ont lieu.
- Les aides-soignantes, notamment celles mobilisées de nuit pour faire un lien avec le PASA de nuit.


