Qu’est-ce que l’ergothérapie et quelle est sa fonction à l’Ehpad la Villa de Rimiez ?

L’Ergothérapie est un métier de la rééducation qui consiste à améliorer l’indépendance et l’autonomie des personnes en organisant les différentes sphères qui entourent le résident (environnement physique et social, travail, activités de la vie quotidienne…).

En gériatrie, l’ergothérapie va avoir comme objectif principal le maintien des activités de la vie quotidienne, et la prévention des troubles liés à l’âge.

 

L’ergothérapie se divise en plusieurs parties :

  • La rééducation : Cet aspect est axé sur la vie quotidienne, l’ergothérapeute évalue comment un résident fait sa toilette, sa cuisine… Puis, il cherche des solutions à mettre en place pour le rééduquer si possible.
  • La réadaptation : Si la rééducation n’est pas possible, nous allons nous aider d’outils pour compenser les difficultés avec l’environnement du résident, pour maintenir ses capacités préservées.

« Je cherche alors à voir quelles aides techniques et aménagements je peux proposer afin que ces incapacités les gênent le moins possible dans la vie quotidienne. »

Cela peut être le fait de les équiper de fauteuils roulants, de déambulateurs ou de couverts adaptés par exemple.

  • L’Insertion dans la vie sociale : En dehors des maisons de retraite, les ergothérapeutes aident les personnes à trouver du travail adapté à leurs besoins et envies. En Ehpad, cela correspond à faire le nécessaire pour que les résidents continuent à avoir des activités de la vie quotidienne qu’ils avaient chez eux, et de retrouver un rôle au sein de leur « entourage » (résident et soignant de l’établissement, famille…)
  • La proximité avec le résident : A l’entrée dans l’établissement, des évaluations sont planifiées avec les professionnels soignants et les maîtresses de maison afin de constater ce que le résident est en mesure de réaliser. Lors de ce bilan, les habitudes de vie du résident sont prises en compte, pour être au plus proche des envies et besoins de celui-ci.

 

Quel parcours et formation pour devenir ergothérapeute ?

Lucie GALDEANO exerce la fonction d’ergothérapeute depuis 2 ans à la Villa de Rimiez.

Pour parvenir à ce poste, elle a tout d’abord effectué 1 an de classe préparatoire en Ergothérapie, suite à l’obtention de son bac S. Par la suite, elle a intégré un institut de formation en Ergothérapie où elle y a effectué 3 années. Durant son parcours, Lucie a eu l’occasion de réaliser de nombreux stages, principalement avec des adultes et des personnes âgées. Cela l’a confortée dans le fait qu’elle souhaitait travailler avec ce type de public.

Accompagner des personnes âgées en tant qu’ergothérapeute est très particulier, le lieu de travail est leur espace de vie. Le lien va donc être d’autant plus renforcé.

« Les résidents nécessitent notre présence au quotidien, tandis que lorsque l’on intervient sur des personnes plus jeunes, sur de la rééducation par exemple, cela ne sera question que de quelques mois seulement, sur des pathologies spécifiques. Pour ma part, c’est ce dont j’avais besoin, d’un suivi permanent, et d’aider en continu ceux qui en ont la nécessité. »

 

Favoriser l’autonomie des résidents est une priorité pour l’ergothérapeute. Comment cela est-il mis en place à la Villa de Rimiez ?

Pour favoriser l’autonomie des résidents, l’ergothérapeute instaure différentes méthodes. Parmi elles, on y retrouve l’organisation d’activités thérapeutiques. Elles permettent au résident de stimuler leurs facultés cognitives, de réduire leur stress, de maintenir les capacités physiques sociales, motrices…

Animation d’un atelier de gymnastique avec le kinésithérapeute

4 ateliers de gymnastique sont proposés par semaine aux résidents, en fonction de leurs capacités physiques. En fonction des niveaux les exercices effectués sont différents, pour concorder au mieux avec les capacités des résidents. Tous les ateliers se composent de deux parties. Premièrement, un échauffement/renforcement musculaire est effectué. Dans un second temps, des exercices ludiques sont mis en place (ballon, quilles de bowling, anneaux…) .

Activité gymnastique

Activité gymnastique douce

 

  • Groupe 1 : Destiné aux résidents avec une mobilité réduite, en fauteuil roulant par exemple.
  • Groupe 2 : Destiné aux séniors qui nécessitent une aide technique pour se déplacer (rollator/déambulateur).
  • technique pour se déplacer (rollator/déambulateur).
  • Groupe 3 : Destiné aux personnes dites « autonomes à la marche ».
  • Groupe 4 : Spécialisé pour les unités protégées. Les temps d’exercices de groupe sont plus courts, afin de les stimuler au maximum.

 

Tous les groupes sont créés en fonction des évaluations faites en équipe pluridisciplinaire.

« Le but est de continuer à stimuler les capacités des résidents au déplacement. »

 

Mise en place d’ateliers cuisine thérapeutique avec la neuropsychologue

Comme expliqué dans l’interview de la neuropsychologue Lucie PEREL, pour les résidents présentant des troubles cognitifs importants, des thérapies non médicamenteuses sont mises en place afin de les accompagner au mieux dans leur prise en charge. La cuisine thérapeutique en fait partie, ce qui permet de stimuler leur sens et d’apaiser leurs troubles comportementaux.

 

La méthode Montessori en plein cœur du projet

De son côté, l’ergothérapeute essaie d’accompagner au maximum les équipes sur la méthode Montessori. Cette méthode consiste à repenser et adapter l’environnement pour que celui-ci ne soit plus handicapant pour le résident, et qu’il favorise son autonomie.

« Dans cette méthode, je veille à faciliter les activités de la vie quotidienne. J’en réinstaure également certaines qui peuvent se perdre lors de l’entrée du résident en institution (faire à manger, faire le ménage, dresser la table). »

Toutes ces activités ne sont bien sûr pas obligatoire, et font partie d’un projet personnalisé !

 

Avec quels professionnels de la Villa de Rimiez l’ergothérapeute travaille-t-il ?

  • L’ergothérapeute et la neuropsychologue travaillent ensemble sur de nombreux projets. Leurs fonctions sont complémentaires. Quand l’une se concentre sur l’autonomie du résident au quotidien au niveau physique, l’autre aborde l’autonomie cognitive. Leurs visions du résident sont différentes, ce qui permet de mieux appréhender les problématiques.

« Avec la neuropsychologue, nous travaillons vraiment sur l’aspect thérapie. »

  • De plus, au sein de la Villa de Rimiez, l’ergothérapeute est pilote en binôme avec la neuropsychologue d’un Pôle d’Activité et de Soins Adaptés de nuit (PASA). Cet espace est destiné à l’accueil de résidents atteints de maladies neuro évolutives telles que Alzheimer. Ce rôle lui permet de manager deux aides-soignantes en gériatrie, et de leur donner les clés pour gérer les résidents au cours de la nuit.

« Je leur donne ma vision en tant que thérapeute. Cela permet qu’elles appréhendent au mieux les problèmes qui peuvent survenir durant la nuit. »

 

  • L’ergothérapeute est aussi coordinateur du PASA de Jour, ouvert depuis peu au sein de l’établissement. Ce pôle a comme but de limiter l’apparition de troubles du comportement sur des résidents souffrant de la maladie d’Alzheimer ou apparentés, en proposant des activités thérapeutiques personnalisées. Elle travaille conjointement avec l’aide-soignante du PASA, ainsi que l’art thérapeute.
  • Enfin, l’ergothérapeute travaille en lien avec le médecin coordonnateur, qui supervise la prise en charge des résidents. Lors de leurs échanges, les deux professionnels se concertent sur les possibilités de suivi et de thérapies à mettre en place auprès des résidents.